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Quelques défis à considérer lors de l’implantation d’une classe inversée.

16 octobre, 2012 6 commentaires

Billet pour le ClavEd du 24 octobre 2012

Pour ce 2e ClavEd sur la dynamique de classe inversée (le 1er : 16 mai, billet préparatoire, archive du ClavEd), pourquoi ne pas examiner ces défis et quelques pistes de solution ?

Les plus terre-à-terre sont les défis techniques. Parmi ceux-ci, il y a, bien sûr, la création et la diffusion des éléments médiatiques.

Par contre, les plus importants, ceux qui font partie du nerf de la guerre comme disent certains, ce sont les défis pédagogiques, c’est-à-dire la gestion du temps de classe. En effet, comment allez-vous utiliser toutes ces minutes récupérées ? C’est le moment d’appeler votre conseiller pédagogique préféré et de lui redemander des conseils pour la enième fois. Elle ou il pourra vous rappeler certaines approches innovatrices et stimulantes : apprentissage par projet, par enquête, enseignement par les pairs, etc.

Les derniers défis sont de l’ordre social : pour changer les choses, il faut convaincre les Autres : les directions d’école ou de département, les collègues, les parents et, tout particulièrement, les élèves.

  •  Comment approcher nos directions et nos collègues pour les amener à comprendre et à appuyer nos démarches vers la classe inversée ?
  • Comment rassurer les élèves qui réussissent bien selon le format traditionnel de cours magistraux et qui s’inquiètent de voir leurs notes baissées dans une telle classe ?
  • Que répondre aux parents qui s’inquiètent du changement ?

Joignez-vous à nous, mercredi midi pour un ClavEd sur les défis posés par l’implantation d’une dynamique de classe inversée. Venez partager votre expérience, poser vos questions et proposer vos solutions !

Bonne semaine !!

Pour approfondir la discussion, voici un recueil de quelques défis et difficultés rencontrés. J’ai vécu certains d’entre eux et je peux donc présenter certaines pistes de solution.

Défis humains :

Comment approcher nos directions et nos collègues pour les amener à comprendre et à appuyer nos démarches vers la classe inversée ? 

La plupart de leurs préoccupations sont les mêmes que les nôtres :

  • Les notes des élèves vont-elles en souffrir ?
  • Est-ce que cette approche va créer deux classes d’élèves, les techno-riches/branchés/mieux nantis et les techno-pauvres ?
  • Comment éviter que cette ségrégation ne s’installe ?
  • Les étudiants vont-ils « embarquer » dans le projet et accepter cette approche qui les sort de leur zone de confort ?
  • Comment cette approche va modifier les ressources que le Collège met à la disposition des élèves ?

Parfois, il est utile (ou nécessaire) de convaincre son département ou ses collègues avant de « monter » voir la Direction des études. Dans mon collège, la démarche de créer des projets d’Aide à la réussite à été initiée par la Direction des études. Ainsi, après avoir été bien présenté et validé par le département de chimie, le projet a été favorablement accueilli par la Direction. Le fait que d’autres professeurs du Québec, du Nouveau-Brunswick et de partout à travers le monde ont déjà utilisé l’approche a certainement rassuré mes collègues et les administrateurs.

Comment rassurer les élèves qui réussissent bien selon le format traditionnel de cours magistraux et qui s’inquiètent de voir leurs notes baissées dans une classe inversée ?

La plus réticence peut parfois provenir des personnes qui bénéficieront directement de la dynamique de classe inversée : les élèves !! En effet, plusieurs d’entre eux ont besoin de notes très élevées pour entrer au secondaire, au Cegep ou dans un programme contingenté a l’université. Il faut alors les convaincre que cette approche vise à les aider à réussir encore mieux qu’auparavant. Je répète souvent à mes élèves les plus soucieux (qui souvent aussi les plus studieux !) que, dans une classe inversée, les meilleurs peuvent avancer à un rythme plus soutenu que les autres et donc dégager le temps hors classe pour d’autres tâches : la dissertation en philosophie, le rapport de physique, la création de costume d’Halloween, bref, plus de temps pour les projets qui les intéressent. Si, en plus, leurs notes s’améliorent ou ne changent pas, ils en sortent gagnants sur tous les points.
Que répondre aux parents qui s’inquiètent du changement ?
Au primaire et au secondaire, Il faut aussi s’assurer de la complicité des parents. Il faut qu’ils comprennent bien que, dans une classe inversée, le travail à la maison change de nature et ne devrait pas s’alourdir. Pour illustrer le fonctionnement de la classe, certains professeurs ont carrément « inversé » la rencontre de parents en début d’année. Quoi de mieux que le vivre pour bien comprendre !

Défis techniques

 Création des éléments médiatiques

Pour créer les vidéos, de nombreuses options s’offrent à vous. Personnellement, j’utilise un mélange de deux principales techniques : la capture d’écran avec Camtasia 7 et une caméra digitale conventionnelle pour me filmer en personne devant un tableau blanc. Pour plus de détails sur quelques techniques de base, regardez ce vidéo.

  • Caméra conventionnelle : pour se filmer ou filmer des feuilles.
  • Logiciels ou sites web de capture vidéo d’écran : pour enregistrer des présentations Powerpoints, des images ou autres documents. Il y a possibilité d’enregistrer des annotations manuscrites à l’aide d’une tablette graphique (Ex. Bamboo Pen, 70-100 $)

Sites web        http://www.screencast-o-matic.com/

http://www.screenr.com

http://screencastle.com/

Logiciels         Camtasia (Mac et PC)

Snagit (Mac et PC)

Microsoft Expression Encoder 4 (PC)

BB Flashback (PC)

Apps pour iPad          Comparaison par Jac de Haan, de Technology with Intention

Educreations,   ShowMe,  ExplainEverything,  ReplayNote,  ScreenChomp

Diffusion des éléments médiatiques

Pour l’hébergement et la diffusion des vidéos, le plus utilisé est peut-être YouTube. Ce service est gratuit, connu de tous et permet la création de listes de lecture (playlist) pour les élèves. Les vidéos et les listes de lecture peuvent être publiques, non répertoriés ou privées. D’autres excellents sites existent tel que Vimeo, Teacher Tube, School Tube, Screencast-o-Matic, Screencast, etc.

Personnellement, j’utilise YouTube pour l’hébergement de vidéos et j’ai créé une liste chronologique sur mon blogue de classe (gratuit, WordPress) pour aider les élèves à s’orienter. Afin de leur permettre de télécharger les vidéos, je les ai aussi placés dans un dossier partagé et public sur Dropbox et Google Drive.

Gestion du temps de classe : création d’activités (apprentissage par projet, par enquête, par les pairs, etc.)

Ah, le nerf de la guerre… Trop de gens pensent que la classe inversée, c’est créer des vidéos. FAUX ! Archi-faux !! Sinon, on remplace un cours magistral en personne par un cours magistral sur vidéo ! Les baladodiffusion ne servent qu’à sortir du cadre de la classe les notions simples et les compétences de bases de la taxonomie de Bloom : Connaissance, Compréhension, Application. La clé, le bonbon, la récompense, c’est le temps de classe récupéré pour implanter toutes les approches pédagogiques qui nous ont toujours intéressées, mais que nous avions mises de côté faute de temps.

De mon côté, j’ai décidé d’utiliser un éventail d’activités pour les guider à travers les exercices et les exemples d’application de la chimie. Chaque semaine est un peu différente des autres, mais mon rôle demeure le même : je ne suis qu’un guide qui les oriente dans leurs tâches.

Ce n’est qu’un début ! Maintenant, grâce à la classe inversée, j’ai vraiment l’impression qu’il existe un nombre infini de possibilités pour mes élèves et moi !

À bientôt.